Fabrice Granville, l'architecte d'une gauche assumee a Cugnaux

Originaire de Fort-de-France, à bientôt 50 ans, Fabrice Granville conduit la liste socialiste « Vivons Cugnaux » pour les municipales à la périphérie de Toulouse. Architecte de profession, il veut rompre avec l'image d'une ville-dortoir et insuffler un nouveau dynamisme à cette commune en périphérie de Toulouse.

Son engagement politique ne naît pas d’une ambition précoce, mais d’un sentiment d’urgence. En 2014, alors que le quinquennat de François Hollande traverse des turbulences et que le Parti socialiste doute, Fabrice Granville franchit le pas.

« Tout le monde critiquait mais à un moment, il faut prendre son courage à deux mains et voir comment on peut aider », explique-t-il.

Dans sa famille, on est « de gauche », sans jamais avoir pris de carte. Lui sera le premier.

Il revendique l’héritage des politiques sociales qui lui ont permis de poursuivre ses études grâce à une bourse.

« À un moment, il faut porter sa pierre à l’édifice. » Il adhère au PS au moment où celui-ci est au plus bas, convaincu qu’il faut le reconstruire de l’intérieur.

Admirateur d’Aimé Césaire, dont il cite volontiers la droiture et la constance, il dit mesurer chacune de ses décisions à l’aune de cet héritage. « Je me demande toujours si je reste dans l’axe des valeurs. » L’école du terrain

À Cugnaux (Haute-Garonne), son baptême du feu a lieu en 2020 au sein d’une liste PS-PC. Il se présente à la désignation interne face à une figure locale et ne s’incline que de deux voix. Un revers serré qui lui donne confiance. Il rejoint la liste d’union, laquelle obtient 18,67 % au premier tour avant de se retirer pour laisser gagner le maire actuel.

« Une campagne, c’est un marathon », résume-t-il. « Il faut tenir dans la longueur et savoir sprinter au bon moment. » Depuis, l’élu s’est immergé dans les dossiers municipaux. Son métier d’architecte façonne sa méthode : établir un diagnostic précis avant toute proposition. « Pour avoir les bonnes réponses, il faut identifier les problématiques. »

L’été dernier, il a mené une consultation citoyenne sur la qualité de vie, la sécurité, le logement et l’emploi. Son constat est sans appel : Cugnaux souffre d’une dépendance excessive à Toulouse. Plus de 80 % des habitants travaillent hors de la commune. Résultat : embouteillages quotidiens, centre-ville fragilisé, commerces en difficulté.

« Nous ne sommes pas condamnés à être une ville-dortoir », martèle-t-il. Il ambitionne de hisser Cugnaux parmi les communes les plus dynamiques de la métropole, derrière des locomotives comme Blagnac ou Colomiers, en misant notamment sur le développement de l’ancienne base de Francazal pour créer emplois et logements. Trois piliers

Sa liste « Vivons Cugnaux » repose sur trois piliers : dynamisme, vivre-ensemble, transparence. Sur le plan économique, il veut renforcer l’attractivité locale pour limiter les déplacements pendulaires. Sur le plan social, il cible l’isolement des personnes âgées, constaté lors de ses tournées de porte-à-porte. « J’ai rencontré beaucoup de seniors seuls. On ne peut pas laisser faire. »

Il imagine des dispositifs d’entraide intergénérationnelle et une « banque de services » où les habitants échangeraient du temps contre des points convertibles en prestations. La sécurité figure aussi parmi ses priorités : face à la hausse des cambriolages, il envisage de renforcer la police municipale et de mieux accompagner les victimes, notamment les femmes exposées aux violences. Politiquement, il assume une ligne au coeur de la gauche proche de celle d’Olivier Faure.

« Il n’y a pas de tabous. Nous sommes là pour régler les problèmes, avec le progrès social en tête. »

Dans un paysage local fragmenté, où les alliances à gauche se sont effritées, il refuse de réduire la campagne à des combinaisons d’appareil. « Ce qui compte aujourd’hui, c’est de sortir le meilleur projet pour Cugnaux et d’arriver en tête au premier tour. »

Fabrice Granville le sait : la bataille sera rude. Mais pour cet architecte martiniquais devenu chef de file socialiste en Haute-Garonne, l’essentiel est ailleurs. Il s’agit, dit-il, de redonner une identité, une fierté et un souffle collectif à une ville qu’il veut voir pleinement vivre et non simplement dormir aux portes de Toulouse.

Source: France Antilles